jeudi 31 août 2006
Rendez-vous en terre inconnue
La télévision recéle parfois de perles rares, rarement je regarde le monde par la petite lucarne... ce soir mon regard est resté accroché à cette terre de Namibie, de son peuple Himbas...
Avant hier j'ai reçu la brochure de voyage Déserts... voyages à l'infini...
J'ai besoin de vivre quelque chose d'intense, de nouveau, j'ai besoin de raviver le feu qui nous rend vivant...
Je vous en parle, je vous prend sà partie... pour que ce projet de soit pas lettre morte... qu'un rêve, qu'un fantasme... nan, je veux que ce voyage soit une étape dans ma vie...
J'ai choisi la Mongolie, il y a déja longtemps que mon esprit vagabonde vers le peuple nomade de Genghis Khan... que je rêve de fouler le désert de Gobi, monter un cheval de Przewalski...
Je veux faire cela sérieusement... prendre mon temps pour y prendre le temps d'épancher ma soif de découverte... m'imprégner de la vérité, de leur véritable hospitalité... un voyage dans le vrai... en communion avec la nature, en communion avec l'âme d'un peuple...
Pouvoir me sentir à nouveau vivant, pouvoir projeter ma carcasse fumante dans l'avenir... pour certains faire un enfant est le moyen à portée, d'autre verront leur réussite socio-professionnelle... je peux certainement me tromper mais d'aucune de ces solutions ne semble me concerner...
Ce sera le voyage de mes 30 ans... ça me laisse encore 3 ans certes... pour économiser la somme qui me permettra d'y passer 10, 12, 15 ou 20 jours de mon existence... une goutte d'eau... pour faire déborder mon vase...
mercredi 30 août 2006
Charlatan
Charles a tendu nos peaux lisses à des Hadès désaxés, dans des accés de faiblesse les fées blessent même leurs protégés. Et j'ai perdu ma jeunesse à jouer éperdu, ma jeune extravagance. A travers une vertue à l'agonie, dénoué la gance extravertie, des nuées d'élégance. Dénué d'ailes, lové dans nos insomnies, j'ai volé au dessus de leur nid, fait la somme des dénis, d'un non-dit: "fellation". Frêle à Sion, l'anorexie, dans l'anneau du tourbillon, mes atours vermillons ont viré des rêveries au cauchemard, dans une chaude mare rouge sang. Les rouages de l'anamour, rugissants, ont surgi dans l'urgence de cette nuit d'errance, l'air rance, l'ennui, enduit de mes apparences je me suis mis à mal, vomi suie et suif, mâle émotif.
Ce matin
Le soleil pointe ses rayons dans ma direction ils irradient réchauffent la peau refroidie des nuits seul ils figent un peu plus la carence de caresses Triste créance d'un coeur oublié dans la crédence tancé distancé un met avarié amer remercié congédié congelé décongelé recongelé les germes y ont prospéré espérent être dispersés des Perséides au mois de Mai Micelles en suspension dans l'haleine de mes baisers Mille haines suspendues Mille peines perdues qui perdurent dans la duremére telles des chimères imbues d'une tristesse améne Je n'ai bu qu'un bol de café noirci par l'audace d'un autodafé je sais je mérite des baffes...
lundi 28 août 2006
L'impair de mon pére
"Vraiment je suis trés étonné qu'il ait pu avoir le courage et la force d'aller jusque là..."...tels furent les mots de mon pére... j'ai 16 ans à l'époque, je suis éléve de 1ére S. au Legta d'Arras... il y a quelques jours de ça je remportais un titre de champion de France de cross country, par équipe, couru à Beaune en Côte d'Or... la course à pied... voilà un peu plus d'un an que je m'y suis mis en scolaire, comme ça, pour occuper mes Mercredi aprés midi (je n'ai pas d'autorisation de sortie pour cette seule demi-journée de répi comme interne)... je n'ai pas vraiment l'esprit de compétition, c'est vrai, ayant été un enfant solitaire je ne me suis jamais senti l'âme d'un compétiteur, mais j'aime le travail bien faît et si ... et si je m'engage j'aime me donner tout entier... tout entier, c'est le mot, pour atteindre l'objectif tant désiré... tant désiré par notre coach et mes coéquipiers... nous obtenons l'autorisation de nous entraîner durant les heures de cours... exit les TP de physique, Au revoir les heures d'histoire... pendant quelques semaines le bois de Tilloy les mofflaines voit... suer le sang et l'eau cinq jeunes gens en short et maillot... des cinq je suis le moins bon, tous ne vivent que pour la compétition... moi... depuis quelques mois je me suis à fumer comme un tison, rupture amoureuse pour une fille dont je ne me souviens même plus le prénom, c'est idiot, idiomatique du lexique de ma vie... c'est un travail douloureux que la course à pied, ma rotule gauche se bloque parfois, je cherche juste à aller au delà de moi... le travail est fructueux... 11s au 100 métres je vais devoir balayer au départ pour mes coéquipiers, jouer des épaules et des coudes, en début de course, pour tracer une ligne droite avant le goulot d'étranglement... ensuite... aller au bout de mes tripes, les poumons carbonisés... soigner ma position à l'arrivée pour espérer grappiller quelques poings... je serais, 220/360... avant dernier de mon équipe, une course épique, à l'arrivée les deux genoux (hiboux, cailloux) bloqués... une médaille autour de mon cou... et mon pére à qui ça ne fait ni chaud ni froid... qui ne croyais pas que ce bonhomme frêle...
Qu'il aille se faire foutre!...
Dés ce jour, j'ai cherché à me faire mal... qu'il s'en aille... merde!... j'ai pris la mauvaise route...
merci à St. Bernardus Abt 12 & Trappistes Rochefort....
samedi 26 août 2006
L'écriture pompette
Yves: Vous disiez: on peut écrire des choses tristes en étant heureux...
Miossec: Il faut de la distance. Si tu es déprimé, tu vas faire des choses vraiment déprimantes, tu n'auras pas de style; ce ne sera pas alerte... Et, si tu as un coup dans le nez, tu écris de la merde. moi j'aime bien être pompette.
Cali: Pour écrire?
Miossec: Juste ce qu'il faut, pompette, juste pompette, l'écriture pompette!
Cali: L'écriture pompette... (rires)
extrait de Cali Miossec
Grégoire Laville Yves Colin
aux éditions le bord de l'eau
Playmobile
Je joue avec mes plaies mobiles, mise en scéne, mise en abyme, mise en joue, je fais la moue, je m'abîme, je m'en fou... tu n'es pas là, je te sublime, je ne suis pas las du blanc lime... je bois, je te bois, je fulmine, je te vois au fond du verre ultime... ma foi je ne suis qu'une vermine... ma voix nuit à la lune splendide, mes exploits, mon spleen, je m'emploie la nuit à dénuder mes fils, déjouer le film, défier la fille, me défiler, champs elysées... chanter faux et m'enliser, en porte à faux à la lisiére, fier du beau ptit lot, qu'hier... étouffé par l'aubépine et la biére... par la bibine et le le lierre... au fond je ne suis qu'une vermine... Je joue avec mes plaies mobiles, on naît tous libres et Lego... je mégotes, j'argotes, argonaute des fausses notes...
vendredi 25 août 2006
22 heures chrono
22 heures d'un bonheur simple, c'est peu dans une vie... mais avec eux chaque minute n'a pas de prix... ma famille de coeur, Pauline-sa maman Nanou-son papa Coudequerquois (le carnavaleux qu'elle dit ma mére)... Pauline et ses 3 mois 1/2, ses yeux pétroles, ses sourires du matin... je repars avec plein de soleil dans les yeux, le coeur, la tête et les tripes... je repars avec un cadeau, le livre d'une rencontre, celle de Miossec et Cali... je l'ai dévoré, ces hommes me touchent... le bonheur de vivre est si simple, malgrés les merdes qu'on ramasse... le bonheur de vivre... si simple...
mardi 22 août 2006
Le Stigmate/Melancholia
Théodore de Banville, Le Stigmate
Et in fronte ejus nomen scriptum: Mysterium... Apocalypsis, caput XVII.Une nuit qu'il pleuvait, un poète profane M'entraîna follement chez une courtisane Aux épaules de lys, dont les jeunes rimeurs Couronnaient à l'envi leur corbeille aux primeurs. Donc, je me promettais une femme superbe Souriant au soleil comme les blés en herbe, Avec mille désirs allumés dans ces yeux Qui reflètent le ciel comme les bleuets bleus. Je rêvais une joue aux roses enflammées, Des seins très à l'étroit dans des robes lamées, Des mules de velours à des pieds plus polis Que les marbres anciens par Dypoene amollis, Dans une bouche folle aux perles inconnues La Muse d'autrefois chantant des choses nues, Des Boucher fleurissants épanouis au mur, Et des vases chinois pleins de pays d'azur. Hélas! qui se connaît aux affaires humaines? On se trompe aux Agnès tout comme aux Célimènes: Toute prédiction est un rêve qui ment! Ainsi jugez un peu de mon étonnement Lorsque la Nérissa de la femme aux épaules Vint, avec un air chaste et des cheveux en saules, Annoncer nos deux noms, et que je vis enfin L'endroit mystérieux dont j'avais eu si faim. C'était un oratoire à peine éclairé, grave Et mystique, rempli d'une fraîcheur suave, Et l'oeil dans ce réduit calme et silencieux Par la fenêtre ouverte apercevait les cieux. Le mur était tendu de cette moire brune Où vient aux pâles nuits jouer le clair de lune, Et pour tout ornement on y voyait en l'air La Melancholia du maître Albert Dürer, Cet Ange dont le front, sous ses cheveux en ondes, Porte dans le regard tant de douleurs profondes. Sur un meuble gothique aux flancs noirs et sculptés Parlant des voix du ciel et non des voluptés, Souriait tristement une Bible entr'ouverte Sur une tranche d'or ouvrant sa robe verte. Pour la femme, elle était assise, en peignoir brun, Sur un pauvre escabeau. Ses cheveux sans parfum Retombaient en pleurant sur sa robe sévère. Son regard était pur comme une primevère Humide de rosée. Un long chapelet gris Roulait sinistrement dans ses doigts amaigris, Et son front inspiré, dans une clarté sombre Pâlissait tristement, plein de lumière et d'ombre! Mais bientôt je vis luire, en m'approchant plus près Dans ce divin tableau, sombre comme un cyprès, Dont mon premier regard n'avait fait qu'une ébauche, Aux lèvres de l'enfant le doigt de la débauche, Sur les feuillets du livre une tache de vin. Et je me dis alors dans mon coeur: C'est en vain Que par les flots de miel on déguise l'absinthe, Et l'orgie aux pieds nus par une chose sainte. Car Dieu, qui ne veut pas de tare à son trésor Et qui pèse à la fois dans sa balance d'or Le prince et la fourmi, le brin d'herbe et le trône, Met la tache éternelle au front de Babylone!Février 1841.
lundi 21 août 2006
15 Août
Seul sous la Grande Ourse le ciel enflammé d'une nuit Sainte Marie je me livre sans artifices à la quiétude du Bois de Cise Un Amour s'y est consumé Je revois alentour les chemins où tu m'as oublié Tu auras jeté mes cendres du haut des falaises La Manche mer froide et désolée Ecueil où ta folie m'a acculé J'y avait ceuilli une fleur aux pétales salées Sali Pourtant sur les toiles de Dali nos coeurs s'étaient nettoyés des traces que d'autre avaient laissé Enlacés sous la Grande Ourse le ciel enflammé d'une nuit Sainte Marie nous étions en paix Le calme et la Volupté ont un prix que je ne cesserai de payer la nuit Sainte Marie quand la Grande Ourse est embrasée des feux d'artifice comme mes yeux lorsqu'on s'aimait dénudés à l'Aurore sur la plage de galets



